La SGP évalue à près de 70 milliards les retombées du projet

67,6 milliards d’euros, ce sont les retombées que l’on peut espérer du projet de métro du Grand Paris. C’est ce qu’établit la SGP dans le scénario médian de son évaluation. Les deux scénarios extrêmes, un pessimiste, un optimiste, font selon l’usage office de repoussoirs et permettent de qualifier le scénario intermédiaire de raisonnable. De fait, c’est le jugement qu’a porté le Conseil scientifique mis en place par la SGP réunissant dix économistes éminents et indépendants. On n’en est pas encore à une estimation indépendante du maître d’ouvrage, mais cette instance est peut-être le signe d’un progrès.

Selon le conseil scientifique, la SGP a bien fait de ne pas s’en tenir aux évaluations classiques des avantages d’un projet de transport (liés au gain de temps), qui se montent à 33,2 milliards dans le scénario  médian. La SGP y ajoute des gains environnementaux et urbains (10,54 milliards) et, surtout, des « effets économiques élargis » (24 milliards). Sur ce point, où l’on tente de chiffrer les « effets d’agglomération » sur la création de valeur, les estimations varient considérablement : le scénario pessimiste ne les évalue qu’à 6,2 milliards et l’optimiste à 91,6 milliards d’euros. Au total, les retombées économiques du métro s’établissent entre 40,9 (scénario optimiste) et 91,6 milliards d’euros (scénario pessimiste), et ; donc, 67,6. Ces chiffres ont été présentés et commentés par Emile Quinet (Paris School of Economics) et Dominique Bureau (délégué général du Conseil économique pour le développement durable), membres du conseil scientifique, le 7 juin, devant le comité stratégique de la SGP. Ils différent de ceux approuvés par le conseil scientifique dans un avis du 25 d’octobre, vraisemblablement , indique-t-on, à la SGP, compte tenu d’une actualisation faite après les arbitrages du Premier ministre le 6 mars. 

Dans son avis d’octobre, le conseil scientifique attirait l’attention sur le fait que« la réalisation de l’un ou l’autre de ces scénarios (…) dépend étroitement des politiques d’accompagnement qui seront mises en œuvre dans les domaines autres que le transport, et en particulier dans le logement. La loi de juin 2010 sur le Grand Paris a prévu la réalisation des objectifs de construction de 70000 logements par an.  Le bon accomplissement de cet objectif de 70 000 logements par an demande ainsi des progrès considérables dans la gouvernance métropolitaine de l’urbanisme opérationnel dans la région Ile-de-France, sujet qu’il faudrait traiter explicitement dans la prochaine loi de décentralisation prévue en 2013. » Or, après le rejet par le Sénat du projet de loi créant la métropole de Paris, le sujet n’est pas très bien parti. De plus, les récents travaux sur la question de l’habitat par les architectes et urbanistes de l’AIGP invitent à la prudence sur la réalisation de cet objectif, plutôt incantatoire. Deux bonnes raisons de prendre avec prudence l’estimation prudente et prudemment validée de la SGP.

FD

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